La qualité de l'air en Auvergne-Rhône-Alpes

État des lieux

Les activités humaines (transports, chauffage, industrie…) produisent des polluants atmosphériques tels que les particules en suspension ou les oxydes d’azote. Ces oxydes d’azote participent aussi à la formation de l’ozone (polluant secondaire) par une réaction chimique initiée par les rayons UV (Ultra-Violet) du soleil. Ces polluants affectent localement la santé des populations. D’une manière générale, les populations les plus exposées à la pollution atmosphérique résident dans les centres-villes des grandes agglomérations ou en bordure des voiries routières importantes.

L’amélioration de la qualité de l’air est au carrefour de divers enjeux : un enjeu réglementaire, un enjeu sanitaire et sociétal, un enjeu de transition énergétique dans un contexte de changement climatique et un enjeu d’attractivité économique.

Auvergne-Rhône-Alpes dispose de territoires variés mais présente également de fortes disparités d’exposition à la pollution de l’air. Des territoires surexposés, les grandes agglomérations, où vivent près de 80% de la population régionale ; des zones à risques (vallée du Rhône, vallée de l'Arve, Allier - zone nationale 7) ; des territoires à préserver sur plus de la moitié du territoire régional car sensibles à une pollution secondaire principalement estivale (ozone) néfaste pour la végétation et la santé des populations (ouest auvergnat, parcs naturels régionaux, zones d’altitude et zones de plaine, Drôme-Ardèche hors vallée du Rhône).

Émissions de polluants

Les analyses suivantes portent sur les polluants locaux pris en compte pour l’évaluation des PCAET :

  • Les oxydes d’azote (NOX)
  • Les particules fines de taille inférieure à 10 µm (PM10) et 2.5 µm (PM2.5)
  • Les Composés Organiques Volatils Non Méthaniques (COVNM)
  • Le dioxyde de Soufre (SO2)
  • L’ammoniac (NH3)

Evolution temporelle 2000-2017

  • Pour les PM10, la baisse observée sur plusieurs années est imputable au secteur résidentiel (renouvellement progressif des appareils individuels de chauffage au bois et amélioration de l’isolation thermique des bâtiments), au transport routier (renouvellement du parc automobile, avec la généralisation des filtres à particules à l’ensemble des véhicules diesel neufs à partir de 2011) et à l'industrie (amélioration des procédés de dépollution, fermeture de certains sites ou réduction d'activité). A cette tendance à la baisse sur le long terme viennent s'ajouter des fluctuations annuelles en lien direct avec les variations de la rigueur climatique, qui conditionnent les besoins en chauffage et les consommations de combustible associées, en particulier le bois de chauffage. C'est ainsi que les émissions sont plus soutenues en 2010 et en 2013, années marquées par des hivers plus froids ;
  • En ce qui concerne les PM2.5, le constat est similaire à celui des PM10. On peut cependant noter une plus grande part du chauffage individuel au bois dans les émissions totales et par conséquent, une part plus faible pour l’industrie (qui génère de plus grosses particules en général) ;
  • Pour les NOx, la baisse significative observée depuis 2000 est surtout liée aux secteurs de l’industrie et du transport routier. La diminution des émissions industrielles, principalement entre 2005 et 2010, est en grande partie imputable à une efficacité grandissante des technologies de dépollution (afin de répondre à la réglementation), ainsi qu’à une désindustralisation sur certains territoires. La diminution des émissions du transport routier (en raison du renouvellement du parc automobile) est en partie contrebalancée par l’augmentation des distances parcourues, ainsi que de la proportion de véhicules plus lourds (SUV) ;
  • La baisse des émissions de COVNM provient essentiellement de l’utilisation progressive de produits contenant peu ou pas de solvants, de l’équipement des véhicules essence en pots catalytiques depuis 1993 ainsi que la diminution des évaporations (au moyen de filtres à charbon actif dans le réservoir), de la mise en place de différentes techniques de réduction sur certains procédés industriels, de l’évolution de l’activité industrielle sur certains territoires ;
  • L’ammoniac (NH3) est très majoritairement émis par les sources agricoles (fertilisation des cultures et gestion des déjections animales) avec une évolution peu marquée liée à celle du cheptel et de la quantité de fertilisants épandus ;
  • La baisse des émissions de SO2 est majoritairement liée à la diminution des émissions de l’industrie et du transport routier en raison du renforcement de nombreuses réglementations (telles que la réduction de la teneur en soufre des combustibles ou des limites d’émissions plus sévères) et de l’évolution de l’activité industrielle sur certains territoires.

Contributions par secteurs d’activités en Auvergne-Rhône-Alpes (2017)

La contribution par polluant de chaque grande source d’émissions permet d’identifier les enjeux dans la réduction des émissions. La majorité des secteurs d’activités contribue de façon significative aux émissions d’un ou plusieurs polluants :

  • Le transport routier pour les NOX
  • Le chauffage individuel au bois pour les particules et les COVNM
  • L’agriculture pour le NH3
  • La grande industrie pour le SO2

Contributions par sources d’énergie en Auvergne-Rhône-Alpes (2017)

Les émissions de polluants locaux sont essentiellement d’origine énergétique, exception faite du NH3 dû aux épandages agricoles. Les produits pétroliers utilisés essentiellement dans les transports et le chauffage contribuent pour l’essentiel des émissions de NOX. Le bois bûche quant à lui est responsable d’une grande partie des émissions de particules et COVNM. Le SO2 est essentiellement émis par la raffinerie de Feyzin, la faible teneur actuelle en soufre des carburants ne donnant plus lieu à des émissions significatives des produits pétroliers.

Bilan de la qualité de l’air

La qualité de l’air en 2017 a été meilleure que les années précédentes et confirme la tendance à l’amélioration dans la région à long terme. Cette année marque également un tournant historique à pérenniser. Il s’agit de la première année au cours de laquelle aucun dépassement de la valeur réglementaire française et européenne (annuelle et journalière) n’est mesuré pour les particules PM10 dans la région. Mais il n’en est pas de même pour le dioxyde d’azote (NO2) et l’ozone (O3) pour lesquels l’exposition des populations reste supérieure aux valeurs fixées par la réglementation sur plusieurs zones de la région. De plus pour les particules, les seuils sanitaires préconisés par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), plus bas que les seuils réglementaires, sont encore dépassés.
Par ailleurs, subsistent encore des valeurs très proches de la valeur cible visée par la réglementation européenne pour le Benzo(a)Pyrène dans le verrou Sallanches-Passy (74) qui reste sous étroite surveillance malgré une amélioration certaine dans les dernières années.

Les niveaux de concentrations de la majorité des polluants sont en diminution mais la variation est plus marquée pour certains composés. L’ozone (O3) est le seul polluant dont les concentrations ne diminuent pas. Après une situation globalement stable, l’année
2017 marque la hausse la plus marquée depuis 10 ans (+12%). Pour tous les polluants primaires réglementés, les niveaux sont en diminution.

Le dioxyde d’azote (NO2) continue de montrer une baisse lente mais régulière. Pour les particules PM10, après une nette diminution jusqu’en 2014, la baisse est beaucoup moins marquée sur ces 3 dernières années. En revanche, pour les particules PM2.5, la baisse continue. Les concentrations de dioxyde de soufre (SO2) et de benzo(a)pyrène (BaP) restent toujours très faibles.

Exposition des populations

Malgré la baisse globale des concentrations en 2017, deux polluants dépassent toujours les valeurs fixées par la réglementation : le dioxyde d’azote (NO2), essentiellement sur des zones à proximité du trafic, et l’ozone, essentiellement dans le sud de la région et sur des zones d’altitude. Les populations demeurent donc encore exposées à des niveaux de pollution de l’air non négligeables sur plusieurs zones de la région. Un peu moins de 1% de la population régionale a été exposé à des dépassements de la valeur limite annuelle pour le NO2. Les centres-villes des grandes agglomérations et les zones à proximité des grands axes routiers restent les plus exposés à ce polluant (autoroutes, voies rapides, grands boulevards). 2 millions habitants sont concernés par l’exposition à l’ozone. Les zones de la région les plus touchées sont caractérisées par des températures plus élevées, favorables à la formation de ce polluant.
Si les valeurs limites réglementaires pour les particules fines PM10 et très fines PM2.5 ne sont pas dépassées, la valeur de référence OMS est en revanche franchie pour respectivement un peu plus du quart et près de 85% des habitants auverhonalpins.

Bilan des épisodes de pollution en 2017

La qualité de l’air s’améliore régulièrement d’année en année. Pour autant, les épisodes de pollution persistent, avec des augmentations temporaires mais marquées des concentrations de polluants. En 2017, 38 journées ont connu une activation d’un dispositif préfectoral en Auvergne-Rhône-Alpes, toutes zones confondues. Depuis 2011, cette année est une de celles qui a connu le moins de jours d’épisodes pollués. Près de la moitié de ces activations ont été observées en tout début d’année, entre début janvier et mi-février. Le reste de l’année 2017 s’est révélé nettement plus épargné, ne subissant aucun épisode d’une durée supérieure à quatre jours consécutifs.

[Mise à jour : juillet 2020]