Méthodologie de calcul des indicateurs d’impact sur la sylviculture

Indicateur conditions favorables au développement du scolyte

Habituellement, en phase dite endémique, le scolyte de l’épicéa s’attaque aux seuls arbres en mauvaise santé, appartenant généralement à l’essence forestière de l’épicéa commun.

Ils jouent dans ce cas un rôle utile, dans la mesure où ils participent ainsi à la régénération forestière. Un affaiblissement massif des arbres, suite à des événements climatiques extrêmes (sécheresse, tempête) ou à un stress hydrique important, couplé à des conditions environnementales favorables à la reproduction du scolyte, peut entraîner un accroissement de la population de l’insecte ravageur. Le scolyte entre alors dans une phase épidémique et peut même attaquer des arbres sains, encore sur pied.

Plusieurs facteurs favorisent le développement du scolyte, notamment :

  • l’importance de la population d’insectes. Or, l’augmentation des températures est un facteur généralement favorable à une augmentation de la population des insectes;
  • la résistance naturelle des arbres au scolyte. Cette résistance peut être amoindrie selon les conditions environnementales et notamment les conditions hydriques dans lesquelles se trouvent les arbres (stress hydrique, voire sécheresse). Les augmentations de températures sont un facteur favorisant des conditions hydriques dégradées.

Deux indicateurs sont étudiés par l’Observatoire pour analyser comment varient les conditions climatiques impactant le développement du scolyte de l’épicéa :

  • date où les conditions températures sont propices au premier envol des scolytes,
  • date où les conditions températures sont propices au deuxième envol des scolytes.

Calcul des indicateurs

La date où les conditions températures sont propices au premier envol des scolytes correspond à la première occurrence annuelle d'une succession de trois journées dont les températures maximales sont supérieures ou égales à 20°C et dont les températures minimales sont supérieures ou égales à 0°C.

La date où les conditions températures sont propices au deuxième envol des scolytes correspond à l'atteinte de 600 degrés jours, en commençant le compte au jour suivant la date de premier envol, soit la date de la quatrième journée où les températures maximales sont supérieures ou égales à 20°C et dont les températures minimales sont supérieures ou égales à 0°C, et en additionnant les dépassements du seuil de 7°C pour les températures moyennes journalières (ex. sur trois jours dont les températures moyennes journalières sont de 3°C, 10°C et 12°C : on compte 0 + 3 + 5 = 8 degrés jours) (source : Informations techniques du CEMAGREF – J-F.Abgrall et B.Juvy- Juin 1993 et Département Santé des Forêts du ministère de l'agriculture).

La température moyenne journalière est égale à la donnée mesurée ou par défaut, en l’absence de mesures disponibles, à la demi-somme de la température minimale journalière et de la température maximale journalière.

Source des données

Les indicateurs sont calculés à partir de données de températures journalières fournies par Météo France. Pour la station de Bourg Saint- Maurice, ces données journalières sont issues de séries quotidiennes de référence en températures minimales et maximales, correspondant à des séries de données pour lesquelles on considère les distorsions d’origine non climatique (par exemple déplacement du point de mesure) comme négligeables par rapport aux évolutions climatiques en cours.

Un critère d’exclusion a été appliqué, pour chaque station de mesure étudiée, sur les années qui présentent des données manquantes. Le critère retenu consiste à exclure les années où, sur la période étudiée, au moins une décade avec plus de 3 données manquantes est détectée. Cela a conduit à exclure de l’analyse les années 2007 (pour les deux indicateurs suivis) et 2010 (uniquement pour le deuxième envol) pour la station de Monestier de Clermont et l’année 2001 (pour les deux indicateurs suivis) pour Pellafol (38).

[Mise à jour : juin 2019]